16 avril 2008
DERNIER MESSAGE DES FARC
LES FARC N’ONT PLUS DE PORTE-PAROLE POUR DIALOGUER AVEC LA FRANCE, REVELE LE COMMANDANT REBELLE IVAN MARQUEZ
15 avril 2008
Les deux agences proches de la guérilla, ANNCOL et ABP, viennent de publier un entretien avec Ivan Marquez (à gauche sur la photo, à côté de Hugo Chavez et de la sénatrice colombienne Piedad Cordoba), l’un des commandants des FARC qui séjourne souvent au Venezuela. On y apprend plusieurs informations importantes :
- L’envoi à Bogota puis le rappel à Paris sans aucun succès de la mission humanitaire française à bord d 'un Falcon 50 de l'armée de l'air françaisela semaine dernière pour tenter de voir et soigner Ingrid Betancourt s’est fait « sans aucune consultation » des FARC, qui la retiennent en otage depuis 2002. C’est une confirmation d’un texte antérieur. Il s’est agi d’une « illusion excessive », commente Ivan Marquez.
- En raison de l’élimination le 1er mars par l’armée colombienne de Raul Reyes, alors n°2 des FARC et contact habituel des délégués français, « il n’y a plus aujourd’hui d’interlocuteur des FARC pour de telles entrevues »
- Ivan Rios, autre membre du secrétariat des FARC tué le mois dernier (par son garde du corps), a été remplacé par Mauricio Jaramillo. Je ne crois pas que cette information était connue. Par contre, on savait que Joaquin Gomez avait été nommé à la place de Raul Reyes.
ARTICLE DEPUIS http://jacquesthomet.unblog.fr/2008/04/15/le-farc-nont-plus-de-porte-parole-pour-dialoguer-avec-la-france-revele-le-commandant-rebelle-ivan-marquez/ Voici l’intégralité de l’interview :
| Entrevista de ANNCOL y ABP a Iván Márquez |
REPORTAGE:10 JOURS AVEC LES FARC
Reportage vidéo du journaliste espagnol David Beriain pour ADN
Colombie / Ingrid Betancourt : 10 jours avec la guérilla des FARC

MADRID / BOGOTA, mercredi 16 avril 2008 - "Le problème de la santé d'Ingrid Betancourt doit nous mener à un débat sur la santé de tous les Colombiens" affirme Pastor Alape, membre de l'état-major de la guérilla marxiste des FARC (Forces armées révolutionnaires de Colombie) dans le reportage vidéo "Dix jours avec les FARC" du journaliste espagnol David Beriain. Diffusé sur le site Internet du journal espagnol ADN, ce reportage récent a été tourné dans la 2e quinzaine du mois de mars, lorsque des informations alarmantes circulaient sur la santé de la célèbre otage Franco-Colombienne, séquestrée par les FARC depuis le 23 février 2002. LatinReporters reproduit sur cette page les 3 parties de ce reportage exceptionnel.(LatinReporters.com)
1. Le long chemin jusqu'au coeur de la guérilla
Le reportage est en espagnol. Nous en soulignons et en traduisons les éléments les plus intéressants. Par ailleurs, les images parlent d'elles-mêmes quant au milieu naturel inhospitalier, la jungle colombienne, dans lequel vivent les guérilleros et leurs otages. Dans cette première partie, le journaliste d'ADN David Beriain relate son cheminement vers un camp des FARC où il arrive à la mi-mars, après deux mois de démarches en Colombie pour obtenir le feu vert de la guérilla.
Le camp, explique le journaliste, relève d'un "front du Magdalena medio", l'un des sept "blocs" en lesquels les FARC ont divisé militairement la Colombie. Ces "blocs" ne correspondent pas aux départements officiels. Situé au nord-est du pays, collé au Venezuela, le "Magdalena medio" compte, selon David Beriain, un millier de guérilleros, commandés par Pastor Alape, principale personnalité du reportage. Membre de l'état-major des FARC, Pastor Alape n'appartient pas au Secrétariat, le commandement collectif suprême composé des sept principaux commandants. David Beriain estime cependant qu'Alape aurait pu accéder au Secrétariat "après la mort de Raul Reyes [nº2 des FARC abattu le 1er mars par l'armée colombienne; ndlr;] et d'Ivan Rios" [comandant des FARC assassiné en mars par le chef de sa garde personnelle; ndlr].
Le reportage précise que la tête de Pastor Alape est mise à prix à raison de 4 millions de dollars par la Colombie et par les Etats-Unis. [Une page Internet du Département d'Etat américain offre effectivement une récompense, mais de 2,5 millions de dollars, pour la capture de Pastor Alape, dont le vrai nom serait Felix Antonio Muñoz Lascarro. Le département d'Etat l'accuse du "meurtre de centaines de personnes" et de la "production et distribution, à destination des Etats-Unis et du monde, de centaines de tonnes de cocaïne"; ndlr].
A noter que les informations les plus récentes situent Ingrid Betancourt dans le département du Guaviare, à quelque 800 km au sud du "Magdalena medio".
2. Le drame d'Ingrid et des autres séquestrés
La deuxième partie du reportage débute par cet avertissement écrit: "Les FARC sont considérées comme une organisation terroriste par l'Union européenne et par les Etats-Unis. Les Nations unies et Amnesty International ont dénoncé les FARC pour violations du droit international humanitaire. Selon des sources officielles colombiennes, elles [les FARC] maintiennent séquestrées plus de 700 personnes".
La vidéo montre les guérilleros, levés d'ordinaire dès 4h30 du matin, commentant collectivement après le petit-déjeuner les informations recueillies à l'écoute de la radio. Et ce jour-là, on parlait essentiellement d'Ingrid Betancourt. Le commandant rebelle Pastor Alape expose, avant de la repousser, l'offre faite le 27 mars dernier aux FARC par le président colombien Alvaro Uribe de libérer tous les guérilleros prisonniers en échange de la libération d'otages, voire de la seule Ingrid Betancourt, à condition que les rebelles élargis ne rejoignent pas les rangs de la guérilla. [Le 1er avril, la France annonçait l'envoi en Colombie d'une mission humanitaire, rejetée par la guérilla, pour tenter d'accéder à Ingrid Betancourt. Le reportage s'est donc prolongé quasi jusqu'à la veille du début de cette mission avortée; ndlr].
Pastor Alape rapporte, incrédule devant ses hommes, les informations sur l'apparition supposée en mars d'Ingrid Betancourt, en très mauvaise santé, en divers endroits du département du Guaviare. Le journaliste David Beriain lui demandant si l'indignation soulevée par le triste état d'Ingrid Betancourt sur ses dernières preuves de vie [photo et vidéo diffusées le 30 novembre 2007; ndlr] ne risque pas de justifier l'appellation "terroristes" appliquée aux FARC, le chef rebelle réplique que l'image de la guérilla souffrirait de la vision "que le monde du pouvoir diffuse en utilisant la terreur médiatique".
A la question "les FARC pourraient-elles libérer Ingrid pour raison de maladie?", le commandant Alape répond: "Non, non, non, je n'ai pas ces éléments. Cela dépend d'un niveau à haute responsabilité de la direction de notre mouvement". Et d'ajouter alors, après une critique du gouvernement de Bogota, qui laisserait les citoyens démunis face à la maladie: "Le problème de la santé d'Ingrid Betancourt doit nous mener à un débat sur la santé de tous les Colombiens".
Comme son chef, le guérillero prénommé Cornelio refuse le terme "séquestrés", n'admettant que les mots "prisonniers politiques ou de guerre" pour désigner les otages.
Un autre guérillero, Raul, argumente des "lois adoptées par les politiciens en appui à la guerre" pour en déduire que les politiciens "font partie de cette guerre". Des propos qui ressemblent à une justification presqu'explicite de la séquestration d'Ingrid Betancourt, qui fut sénatrice et candidate à la présidence de la Colombie.
3. Interview du commandant des FARC Pastor Alape
Cette troisième partie sera diffusée par ADN en principe jeudi 17 avril 2008. LatinReporters mettra alors en ligne la vidéo correspondante
POUR VOIR DES EXTRAITS DE LA VIDEO CLIQUER SUR: http://www.latinreporters.com/colombiepol16042008.html
12 avril 2008
ECHEC DE LA MISSION HUMANITAIRE:QUE RETIENDRA NICOLAS SARKOZY
Par Eduardo Mackenzie,journaliste,auteur du livre "FARC OU L'ECHEC D'UN COMMUNISME DE COMBAT"

Manuel Marulanda, dirigeant historique des Farc, et Victor Julio Suárez Rojas - DR
Paris, 10 avril 2008
Le deuxième échec en cinq ans de l'État français après l'envoi d'un avion médicalisé en Colombie pour secourir Íngrid Betancourt et d'autres kidnappés malades au pouvoir des Farc, semble n’avoir servi à rien. Il y a des échecs grâce auxquels on apprend, au moins, quelque chose. Dans ce cas, non. L'inanité des déclarations des responsables français après l'annonce du retour bredouille du Falcon 50, stationné inutilement à Bogota depuis le 3 avril, permet de penser que Paris n'a pas profité de l’occasion pour saisir l'essence du problème et accepter de réviser sa doctrine sur les Farc, si l’on veut aider à la libération des victimes de celles-ci.
La frivolité des formules choisies par le ministre Bernard Kouchner pour expliquer cet échec confirme que Paris, malgré le coup subi, assume ceci comme un match reporté et non pas comme une énième démonstration de la volonté des Farc d'exploiter à fond et à très long terme le calvaire d'Ingrid Betancourt. « Sans l'accord des Farc sur cette mission tellement précise, motivée par l'urgence de la situation humaine et médicale d'Ingrid Betancourt, nous n'avons, pour l'instant, aucune possibilité », a dit Kouchner. Pour l'instant ? Faut-il comprendre alors que les Farc pourraient être sensibles sous peu à la « situation humaine » de leurs victimes et reculer devant les appels de la raison ?
En évoquant une idée du président Nicolas Sarkozy, le ministre français a estimé que le « rejet » des Farc était « une faute politique grave en plus d'une tragédie humanitaire». Est-ce ainsi que le pouvoir français voit ce que font les Farc avec leurs kidnappés ? Comme une « faute politique grave » ? Et non comme un acte de barbarie, insupportable pour la conscience universelle, comme un crime de lèse humanité[1], imprescriptible, qui mérite la plus grande sévérité de tout État de droit ? Au fondateur de Médecins sans Frontières nous lui connaissions une plus grande capacité d'indignation. Celle-ci est-t-elle devenue une chose du passé ? Le froid syllogisme de Kouchner face à l'action monstrueuse[2] des Farc surprend beaucoup d'observateurs. Kouchner aurait-il été capable de dire, en 1975, que les massacres ordonnés par Pol Pot constituent juste «une faute politique grave» et une «tragédie humanitaire»?
La France a envoyé son Falcon 50 à Bogota après que le président Sarkozy ait exigé du chef des Farc, Manuel Marulanda, pour la deuxième fois, la libération d'Ingrid Betancourt. Les Farc ont-elles promis de contacter les émissaires à Bogota pour y continuer l'opération ? On ne sait rien et les questions s'accumulent. Quel était l'objectif de la mission humanitaire ? Libérer Ingrid et les autres kidnappés malades ou leur donner simplement des soins médicaux et les abandonner de nouveau au pouvoir des ravisseurs ? Aucune explication sur ces points n'est sortie de la bouche d'un responsable français et pas même des éditorialistes parisiens, pourtant habitués à ergoter sur tout et n’importe quoi. Rien non plus sur les rumeurs inquiétantes (mais non confirmées) quand au délabrement de la santé d'Ingrid[3] qui ont précédé l'envoi précipité du Falcon 50.
Personne ne semble vouloir parler non plus des similitudes avec ce qui s'est passé le 9 juillet 2003, quand Dominique de Villepin, alors premier ministre, avait expédié à Manaus, Brésil, dans le secret le plus total, onze militaires et diplomates à bord d'un Hercules C-130, pour libérer l'ex candidate présidentielle colombienne[4]. À cette occasion, la technique de la rumeur sur le décès « imminent » de celle-ci avait été utilisée à fond par les Farc. Personne ne paraît savoir à présent que le résultat de ce fiasco a été la détérioration encore plus grave des relations entre Bogota et Paris.
A cette époque, les Farc avaient accusé le président Alvaro Uribe « d'avoir inventé » le bruit selon lequel les Farc voulaient libérer Ingrid Betancourt « avant qu'elle ne meure ». Paris et la famille Betancourt avaient avalé cette explication –que Bogota a rejetée sans grand succès– et la méfiance a augmenté entre les deux gouvernements[5]. Cette fois, en 2008, les Farc répètent la même prescription : la mission a échoué, dit la direction des Farc, parce que celle-ci « n'était pas le résultat d’une concertation mais de la mauvaise foi d’(Álvaro) Uribe par rapport à l'Elysée, et une vile moquerie quant aux espoirs des parents des prisonniers ».
Le signal est celui-là : Uribe doit être puni par Sarkozy et par les familles des otages, parce que les kidnappeurs, de bonnes âmes comme tout le monde le sait, ne sont pas ceux qui « se moquent » de leurs victimes mais le gouvernement colombien. Le criminel rejette son crime sur l’autre et croit ainsi se refaire une virginité. Jusqu'à quand Paris et les comités de soutien Ingrid Betancourt continueront-ils à donner l'impression qu’ils sont sensibles à cette imposture ?
Consciente de l'échec de son entreprise, la guérilla colombienne veut, en réalité, que d'autres fassent le travail à sa place. Désorganisées par l'offensive de l'Armée colombienne, les Farc veulent que la France fasse la guerre à la Colombie, en commençant par le sabotage diplomatique. Surtout, cette guerre doit être dirigée contre le président Uribe et sa politique de sécurité démocratique. Tel est le message de fond, entre les lignes, qui sort de la nouvelle direction fantasmatique des Farc.
Durant ces dernières années, l'organisation narco - terroriste n'a fait qu’exiger des autres de se charger de ses ennemis. Les Farc l’ont fait avec ce qui leur restait de sympathisants au sein de quelques syndicats américains, afin que ceux-ci persuadent les sénateurs démocrates de faire la guerre commerciale à la Colombie, parce qu'elles, les Farc, ne pouvaient pas aller très loin. Et elles ont réussi. La guerre de désinformation contre l'approbation du Traité de libre commerce (TLC) entre les Etats-Unis et la Colombie utilise la confédération syndicale AFL-CIO comme fer de lance et cela s’est terminé par l’engagement des deux candidats démocrates, Obama et Clinton. L'extrême gauche française cherche à faire en sorte que ses amis aux Etats-Unis rattachent la croisade contre le TLC aux revendications du comité de soutien Ingrid Betancourt.
Les Farc ont fait de même avec la famille Betancourt, en exigeant qu'elle proclame en Europe que le coupable de la situation d'Ingrid est Alvaro Uribe (au départ le coupable était l'ancien président Andres Pastrana). Cela dure depuis six ans et les résultats sont catastrophiques : Ingrid Betancourt continue d’être dans les mains des Farc et sa santé est chaque fois pire. Le fait d'avoir suivi cette ligne a-t-il procuré à Ingrid un peu de clémence de la part de ses bourreaux ? Non, absolument pas. Jusqu'à quand, dans l’entourage d’Ingrid, acceptera-t-on cette stratégie qui ne fait que prolonger le sacrifice de l’ex candidate et qui sert uniquement les ennemis de la démocratie ?
Les Farc ont demandé la même chose au président Hugo Chávez. Il doit faire la guerre, une fois pour toutes, à la Colombie. Cet homme qui, depuis 1999, a d’excellentes relations avec elles et qui les aide autant qu’il le peut[6], a été sur le point de leur donner satisfaction quand il a ordonné, après le décès de Raúl Reyes, le 1er mars 2008, l'envoi de « dix bataillons » à la frontière avec la Colombie. Il a aussi menacé de faire usage de ses avions de combat achetés à Vladimir Poutine.
Les Farc ont également demandé à Rafael Correa, président de l'Équateur, de déclarer la guerre à la Colombie. Elles ont commencé par l’intoxiquer, il y a environ deux ans, avec le thème des fumigations en Colombie qui, disaient-elles, portaient préjudice à l’Équateur, et celui-ci, en gauchiste fanatisé par Chávez, les a cru et a proféré des menaces et toute sorte d'injures. Quand Raúl Reyes et une vingtaine de terroristes sont tombés sous les bombes dans un campement équatorien des Farc, elles ont incité de nouveau Correa à rompre les relations avec la Colombie et à envoyer ses soldats à la frontière. Mais ceux-ci, au lieu d'attaquer le pays voisin, n’ont fait que découvrir les laboratoires où les Farc fabriquent de la cocaïne. Ce qui a refroidi la pugnacité de quelques officiers qui n'avaient pas encore mesuré à quel point leur pays était utilisé par les Farc comme une plateforme pour le trafic de drogue. Aujourd'hui, le ministre équatorien de la Défense a été limogé par Correa et d'autres militaires de haut rang ont préféré renoncer à leurs postes[7]. Quant à la DEA, elle observe avec beaucoup plus d'attention les affaires de Quito.
Nicolas Sarkozy, qui a été accusé par le socialisme marxisant français d'être un horrible « atlantiste », laissera-t-il tomber les relations avec Bogota pour démontrer qu’il ne l'est pas ? Le prochain voyage de Bernard Kouchner dans « la région » sera-t-il destiné à dresser d'autres gouvernements contre Bogota et à exiger qu’Uribe cède aux Farc ? Ou pour suggérer de nouveaux « gestes » de bonne volonté ?
En croyant qu’on pouvait amadouer les Farc avec des actes de générosité, le président Sarkozy a déjà été ébouillanté par elles. Quand il a demandé au président Uribe de sortir des prisons un groupe de guérilleros et, surtout, de relâcher Rodrigo Granda, le « chancelier » des Farc, capturé au Venezuela par des agents colombiens, avec l’aide de la police vénézuélienne, le mandataire français espérait une certaine réciprocité. Il n'a rien obtenu. Tout le contraire. En croyant dans le sérieux de l'initiative, Alvaro Uribe a laissé partir le dangereux individu, en juin 2007, avec l'espoir qu'il oeuvre en « messager de la paix ». Et Granda n’a fait que retourner au sein de l'organisation terroriste.
Aujourd'hui, Granda est l’un des pires ennemis des otages. Il y a quelques jours, il écrivait ce paragraphe terrible, qui constitue une véritable menace contre leur vie à tous : « Qu'ici personne ne fasse semblant d’être innocent parce que tous ceux qui sont captifs sont responsables de l'incitation à la guerre. Ingrid comme les autres, et rappelons qu'aucun d'entre eux n’est dans des conditions pires que celles de Simón Trinidad et Sonia »[8].
Le mieux que pourrait faire la diplomatie française serait d'être conséquent avec ce que Nicolas Sarkozy a demandé à la présidente d'Argentine, Cristina Kirchner, pendant le voyage de celle-ci à Paris : qu’elle l'aide à contenir Hugo Chávez « dont les réactions intempestives préoccupent l'Europe parce qu’elles mettent en péril la stabilité de la région », selon les révélations du journal La Nación, de Buenos Aires[9]. Être conséquent avec cette stratégie équivaut à écouter beaucoup plus Bogota et à approuver la stratégie d’Alvaro Uribe consistant à proposer aux Farc une zone de rencontre (et non la zone démilitarisée qu'elles exigent) pour y effectuer, en présence de délégués de la communauté internationale, ce que certains appellent l’« échange humanitaire »[10].
Habitué à faire des harangues, des discours et des proclamations contre la Colombie presque tous les jours, le président Hugo Chávez est pour ainsi dire muet en ce moment. Son silence sur le sort des otages en Colombie et sur la mission humanitaire française attire l'attention. Pourquoi cette attitude ?
Chávez a fait savoir qu'il ne veut pas s’entretenir au téléphone avec le nouveau chef des Farc pour ne pas lui faire courir de risques. Car cet appel pourrait être intercepté et faciliter une nouvelle attaque colombienne. Cette excuse, techniquement valable, ne résiste pas à l’analyse. S'il y a quelqu'un dans le monde qui peut sortir de sa captivité Ingrid Betancourt et d'autres otages, c’est bien Hugo Chávez. Et cela sans avoir besoin de faire des appels longue distance. Il peut sauver les victimes sans « consulter » les chefs des terroristes. Les Farc écoutent Hugo Chávez, accomplissent ce qu'il dit. Et pour cause : les Farc doivent beaucoup de choses au régime « bolivarien », sans lequel elles ne pourraient pas faire face à l'offensive de l'État colombien.
Entre les Farc et Hugo Chávez il y a une vieille amitié, confirmée il y a quelques jours quand Chávez a demandé publiquement que les gouvernements reconnaissent les Farc comme partie « belligérante » dans le soi-disant « conflit colombien ». Cette initiative a échoué : personne ne s’est risqué à le faire, même pas le président équatorien. Cet appel grotesque et les documents de Raúl Reyes découverts dans son ordinateur, sont de nouvelles preuves qui s’ajoutent à celles déjà existantes sur la complicité entre le dictateur vénézuélien et le mouvement terroriste le plus dangereux de l'hémisphère occidental.
Le silence de Chávez coïncide avec la consigne des Farc après la mort de Reyes de tourner le dos à tout le monde, d'interdire l’action de tout acteur international possible, comme l'Église catholique et les trois pays européens, la France, l'Espagne et la Suisse, susceptibles de faire avancer le dossier des otages. Toutefois, Hugo Chávez est en mesure d’exiger la libération immédiate de tous les kidnappés, comme il l’a déjà fait avec les six otages relâchés en mars dernier, car les Farc, arrimées au Venezuela, sont pratiquement l’otage de Chavez. Otage car sans l'approbation de l'homme fort vénézuélien, les Farc ne pourraient recevoir de Caracas même pas un cachet d’aspirine. Autrement dit, si Ingrid Betancourt, ou tout autre otage des Farc, meurt en captivité, la responsabilité du président Chávez, outre la culpabilité des Farc, sera engagée.
Il ne faut pas oublier ce que proposait Raúl Reyes dans ses derniers messages au Secrétariat des Farc : maintenir une relation « directe et permanente » avec le président Chávez à qui elles demanderont, ou ont déjà demandé, d'accepter « de recevoir les guérilleros et les kidnappés jusqu'à ce qu'on obtienne un accord définitif avec ce gouvernement ou avec celui qui lui succédera». Reyes avait ajouté que cette proposition serait officiellement formulée par les Farc « dans une rencontre personnelle » avec Chávez et que « malgré cette médiation elles ne vont pas renoncer à l'exigence de démilitariser Florida et Pradera dans le Valle del Cauca ».
Les Farc sont-t-elles en train d’accomplir la stratégie de Raúl Reyes ? Les otages ont-ils été transférés au Venezuela?[11] Quant à la prochaine tournée du ministre français des Affaires étrangères en Amérique latine, elle pourrait être l'occasion d’éclaircir un certain nombre de choses. L'ignorance, le mystère, la désinformation qui règnent à l'heure actuelle jouent contre la vie des otages, maltraités et honteusement utilisés par le terrorisme comme levier contre la Colombie. La « gifle »[12] donnée à Paris par les Farc à l’occasion de l’affaire du Falcon 50 devrait susciter une réflexion approfondie au sein du gouvernement français au lieu de se laisser tenter par les jeux de la diplomatie parallèle et de s’accommoder des artifices fabriqués par ceux qui torturent Ingrid.
Eduardo Mackenzie
Journaliste
Notes
[1] Le Conseil de Sécurité de l'ONU a approuvé le 1er octobre 2001 une résolution historique dans laquelle il oblige ses 189 pays membres à combattre le terrorisme, en gelant les moyens de financement et en lui refusant le soutien politique. Fin avril 2002, l'assemblée générale de l'ONU déclara qu'elle était disposée à considérer le kidnapping de personnes comme un crime contre l'humanité. Dans le statut de la Cour Pénale Internationale, approuvé en juillet 1998, la disparition forcée de personnes, ce qui inclut le kidnapping de personnes par un État ou par une organisation politique, constitue un crime contre l'humanité. Les lois françaises retiennent la notion de crime contre l'humanité dans le deuxième livre du nouveau code pénal français, en vigueur depuis mars 1994. L'avocat général, Pierre Truche, a écrit dans la revue Esprit (n. 181.1992), sur cette notion juridique : « Traitée sans humanité, comme dans tout crime, la victime se voit en plus contestée dans sa nature humaine et rejetée de la communauté des hommes. [… ] Une seule disposition lui confère [au crime contre l'humanité] un régime [légal] particulier: il est imprescriptible, c'est-à-dire que ses auteurs peuvent être poursuivis jusqu'au dernier jour de leur vie. »
[2] L’ancien otage Orlando Beltrán, ex représentant à la Chambre, relâché en mars 2008 par les Farc, assure que dans la jungle il y a des kidnappés qui sont tombés « dans la folie la plus totale » et qu’ils « ne coordonnent déjà absolument plus rien ». Car la situation des otages est très difficile et les malades ne reçoivent aucun traitement médical. Il a confirmé qu’Ingrid Betancourt est malade. Radio Caracol, Bogota, 6 avril 2008.
[3] Le premier à parler de la grave détérioration de la santé d’Ingrid Betancourt a été Luis Eladio Pérez, ex otage des Farc, libéré par celles-ci en mars 2008. Après avoir parlé à Bogota, Paris et Buenos Aires de l'état « grave » de santé d'Ingrid, Pérez a relativisé cette dégradation le 7 avril 2008, quand il a su que la mission humanitaire française avait échoué. Sans dire qu'il avait été à l'origine de l'alerte, Pérez a affirmé à l'agence Associated Press : « Je pense que la situation d'Ingrid Betancourt a été romancée. Tout cela ne correspond pas à la réalité ». Ces jours-là, le prêtre catholique Manuel Mancera assurait qu'un guérillero lui avait dit qu’Ingrid était « gravement malade » et que les Farc cherchaient « un médecin dans le secteur de Tomachipán (Guaviare) pour qu’il s'occupe d’elle». Ce bruit n'a été confirmé ni par la presse ni par les autorités colombiennes.
[4] Voir l'excellent ouvrage de Jacques Thomet intitulé Ingrid Betancourt, Histoire de coeur ou raison d'État ?, Editions Hugo et compagnie, Paris, 2006.
[5] En février 2004, le gouvernement colombien a été sur le point de rappeler à Bogota son ambassadeur en France pour protester contre les insultes lancées contre le chef d'État colombien par Fabrice Delloye, ex mari d'Ingrid Betancourt et attaché commercial à ce moment-là à l'ambassade de France à Quito.
[6] Les Farc ont envoyé cent mille dollars à Hugo Chávez quand celui-ci est sorti de prison, après le coup d'État manqué de 1992. Ensuite, lorsque Chávez a été élu président, les Farc ont renforcé les relations avec lui. Au point de signer, le 10 août 1999, un pacte avec le ministre vénézuélien de l'Intérieur, le capitaine Ramón Rodriguez Chacín. Ce pacte, révélé par le quotidien El Universal, de Caracas, prévoit la livraison aux Farc de pétrole et de médicaments spéciaux, ainsi que l'obtention de permis de séjour et d’asile politique à leurs combattants. Sans parler de facilités pour créer des entreprises dans les secteurs bancaire, agricole, logement et santé. Rodriguez Chacín a reconnu plus tard avoir signé ce pacte pour que les Farc « réduisent le nombre d’enlèvements dans la zone frontalière ».
[7] La Vanguardia, Barcelone, 9 avril 2008.
[8] El Tiempo, Bogota, 3 avril 2008. Granda exagère. Alias Simón Trinidad et alias Sonia sont emprisonnés dans des prisons des Etats-Unis. Ils ont été condamnés pour trafic de drogues et d'autres crimes. Ils sont en très bonne santé et ils bénéficient de toutes les garanties que la justice américaine accorde aux détenus et aux prisonniers.
[9] La Nación, Buenos Aires, 8 avril 2008.
[10] La zone de rencontre serait créée dans une région dépeuplée. Le gouvernement colombien estime qu'accepter la démilitarisation des communes de Pradera et de Florida équivaut à abandonner aux mains des Farc une population de 112 000 habitants. Aujourd’hui plus de 600 plaintes sont en cours auprès des tribunaux colombiens pour les crimes et les abus commis par les Farc pendant l'expérience des trois années de démilitarisation du Caguán (une zone de 42 000 km ²), entre 1999 et 2002, sous la présidence d'Andres Pastrana. « La Colombie est le seul pays où il paraît logique pour certains que pour négocier la situation de 50 kidnappés avec un groupe terroriste, on doive livrer comme otages les habitants des villages démilitarisés », a déclaré Luis Carlos Restrepo, commissaire de la paix. (Revue Cambio, Bogota, 3 avril 2008).
[11] La journaliste María Angélica Correa, a publié le 6 avril 2008, dans le quotidien Perfil, de Buenos Aires, une entrevue avec quatre déserteurs des Farc et de l'Eln. Ceux-ci ont confirmé l'existence de bases de ces organisations au Venezuela, avec l’aide de l'armée vénézuélienne. L’un d'eux a déclaré avoir entendu dire, en juin 2007, qu’Ingrid Betancourt avait séjourné dans une finca d’Elorza, dans l’état d’Apure.
[12] L'expression est du Comité de soutien Ingrid Betancourt
article depuis http://jacquesthomet.unblog.fr
voir également l'interview de ce journaliste sur http://vincentportier.canalblog.com/archives/2008/04/06/8631609.html
09 avril 2008
LES DESSOUS D'UNE MISSION " IGNORANTE"
"FALCONNERIE OU MISSION IMPOSSIBLE"
mercredi 9 avril 2008, l'EXPRESS.Fr mis à jour à 15:00
Colombie
Cafouillages français dans l'affaire Betancourt
Axel Gyldén
Les Farc ont rejeté, ce mercredi, la mission humanitaire française envoyée pour secourir Ingrid Betancourt. Un nouveau revers pour Paris qui, depuis 2003, a multiplié les erreurs en voulant aider l'otage franco-colombienne. Et la médiatisation de l'affaire par ses proches, certes généreuse, a peut-être été ontre-productive.
C’est un nouveau coup d’épée dans l’eau: la mission humanitaire française partie sauver Ingrid Betancourt à bord d’un Falcon 50, le 2 avril dernier a été jugée "irrecevable" six jours plus tard par les Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc) dont le communiqué de ce mercredi précise qu’elles n’agissent jamais "sous la pression de campagnes médiatiques".
Cliquez sur l'image pour découvrir en images le parcours d'Ingrid Betancourt.
Quelques jours auparavant, la guérilla avait déjà qualifié le président Nicolas Sarkozy d’"ingénu". Celui-ci est à l’origine de cette opération lancée dans la précipitation, sous le coup de l’émotion après la publication de nouvelles alarmantes concernant l’état de santé de l’otage franco-colombienne. Prévisible pour qui connaît la mentalité et le mode de fonctionnement politique des Farc, cette douche froide s’ajoute à la longue série des échecs de la diplomatie française, tantôt naïve à l’égard de la guérilla, tantôt arrogante à l’encontre des dirigeants colombiens.
En réalité, tout se passe comme si la France continuait à multiplier les erreurs d’appréciation dans ce dossier qui empoisonne les relations franco-colombiennes depuis plus de six ans. Fait significatif: le 30 mars dernier sur TF1, François Fillon - sans doute mal renseigné par ses conseillers - qualifiait les membres des Farc incarcérés en Colombie de "prisonniers politiques", comme s’ils se trouvaient en prison pour leurs idées. En réalité, leur crime est d’avoir multiplié des attentats, assassiné des innocents, pris en otages des civils, recruté des enfants-soldats. Pour comprendre comment ce genre d’impair est perçu en Colombie, il suffit d’imaginer quelle serait la réaction de Nicolas Sarkozy si un chef de gouvernement étranger qualifiait Yvan Colonna de "prisonnier politique"…
La mission humanitaire française partie sauver Ingrid Betancourt à bord d’un Falcon 50 a été jugée "irrecevable" par les Farc.
Evidemment, cette énième bourde - qui n’a pas été relevée en Colombie - paraît anecdotique en comparaison de l’opération dite "14-Juillet", lancée à en 2003 par Dominique de Villepin pour sauver Ingrid. Celle-ci reste le plus gros fiasco diplomatique français de ces dernières années. Sur la foi d’un tuyau crevé, l’ancien ministre des Affaires étrangères monte alors, "en solo", une opération de barbouzes digne des Pieds nickelés.
Sans prévenir ni l’Elysée, ni Matignon, ni le ministre de la Défense (dont dépend la DGSE, service de renseignement extérieur), et encore moins les gouvernements colombien et brésilien, il affrète un Hercules C 130, avec 11 agents secrets à bord, qui atterrit à Manaus, en Amazonie brésilienne, non loin de la Colombie. Après quatre jours de vaine attente dans la jungle, le commando repart. Sans Ingrid. Or l’opération ne reste pas secrète longtemps. Et provoque l’ire de Bogota, furieuse de découvrir que la France, visiblement imprégnée de réflexes dignes de l’ère coloniale, confond la Colombie avec l’Amérique du Sud des Aventures de Tintin.
A l’époque, l’ambassadeur de France à Bogota se nomme Daniel Parfait. Or celui-ci n’est autre que l’amant, puis le mari d’Astrid Betancourt, sœur d’Ingrid! Un mélange des genres dénoncé par le correspondant de l’Agence France-Presse à Bogota Jacques Thomet – auteur de l’instructif Ingrid Betancourt. Histoire de cœur ou raison d’Etat ? (Hugo doc, 2006) – mais admis par l’Etat français, au point que l’intéressé a été promu directeur des Amériques et des Caraïbes au Quai d’Orsay en 2004.
La France exaspère Bogota
A ce titre, Daniel Parfait conserve, aujourd’hui encore, la haute main sur le dossier de sa belle-sœur. Juge et partie, le diplomate ne semblait pourtant pas le mieux placé pour traiter, avec la distance critique nécessaire, l’"affaire Betancourt". En effet, Parfait s’impatiente et multiplie les pressions "amicales" pour "exiger" du gouvernement colombien des résultats, tout en paraissant ignorer le sort de milliers d’autres otages, y compris celui de la Française Aïda Duvaltier, décédée en captivité en 2006.
A Bogota – où le gouvernement se sent obligé de rappeler que les otages ne sont pas en sa possession – la voix de la France finit par exaspérer. D’autant qu’aux impairs de la France "officielle" s’ajoutent les déclarations acerbes du clan Betancourt, Astrid et Yolanda (sœur et mère d’Ingrid) en tête, à l’encontre du président colombien, Alvaro Uribe. Des critiques relayées par l’hyperactif comité de soutien à Ingrid Betancourt, soutenu par des personnalités telles que Bertrand Delanoë, Rachida Dati, Carla Bruni-Sarkozy ou encore le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner. Or ce comité de soutien renvoie dos à dos le gouvernement colombien et la guérilla, qu’il semble placer sur un même plan.
L’un de ses piliers, le chanteur Renaud, n’a pas hésité à qualifier Alvaro Uribe d’"indigne" et de "fasciste". Une présentation des choses qui a tout lieu de satisfaire les Farc... Le 31 mars, l’ancien otage Luis Eladio Perez a révélé qu’Ingrid Betancourt s’interrogeait sur la pertinence de la campagne internationale en sa faveur: "Cela l’inquiétait. Car elle s’est rendu compte que cela finissait par la valoriser. Ce qui compliquait, pour des raisons évidentes, sa libération."
BETANCOURT,ROJAS,GONZALEZ sur les traces D'ADOLFO SUAREZ
Ingrid Betancourt sur les traces D'Adolfo Suarez prix Prince des Asturies de la concorde 1996"en reconnaissance de la transcendance de sa contribution personnelle à la concorde démocratique entre les Espagnols, qui rayonne comme un exemple au niveau international".
Décision du Jury du Prix Prince des Asturies de la Concorde 1996
Le portrait d'Adolfo Suarez:C'est pendant le gouvernement d'Adolfo Suárez (1976-1981) en Espagne qu'est adoptée la loi de réforme politique, qu'est proclamée l'amnistie générale et que sont légalisés les partis politiques. C'est son gouvernement d'Union Centre démocratique (UCD) qui abolit la censure, démantèle le ministère de l'Information et du Tourisme et décrète la mise en place d'un ministère de la Culture.
Betancourt ,Rojas,Gonzalez candidates au prix Prince des Asturies.-
Les candidatures d’Ingrid Betancourt et des deux otages des FARC récemment libérées, Clara Rojas et Consuelo González ont été présentées pour le prix Prince des Asturies de la Concorde 2008. Depuis 1981, la fondation Prince des Asturies distingue des personnalités, groupes de travail ou institutions dans huit catégories : concorde, coopération internationale, arts, recherche scientifique et technique, lettres, communication et humanités, sciences sociales et sports.
Dans un communiqué, la fondation déclare que Betancourt "a concentré ses efforts en faveur de la démocratie, de la justice sociale, la lutte contre la corruption, le narcotrafic et la violence, à la recherche d’un futur différent, encourageant pour les enfants et les jeunes de Colombie". Le prix de la concorde, qui récompense le travail en faveur de la paix, de la compréhension et de la coopération, a été remis à Yad Vashem en 2007 et à l’Unicef en 2006
La Fondation Principe de Asturias (Prince des Asturies), a annoncé qu’Ingrid Betancourt faisait partie des candidat-e-s au très célèbre prix éponyme qu’elle décerne annuellement
POURQUOI ,POURQUI LE Prix "Prince des Asturies" de la Concorde :
Il sera décerné à la personne, aux personnes ou à l'institution, dont le travail ait contribué d'une façon exemplaire et significative à l'entente à et la cohabitation entre les hommes, à la lutte contre l'injustice, contre la pauvreté, la maladie ou l'ignorance, à la défense de la liberté, ou qui aient ouvert de nouveaux horizons à la connaissance, ou aient contribué de façon remarquable à la conservation et protection du patrimoine de l'Humanité.
L'article de EL TIEMPO
Abril 8 de 2008
Postulan a Ingrid Betancourt al premio Príncipe de Asturias de la Concordia
Su aspiración es apoyada por importantes personalidades internacionales, como el ex secretario general de la ONU, Javier Pérez de Cuéllar
"Todos ellos coinciden en destacar el aliento que supondría la concesión de este Premio para todas aquellas personas que han sufrido o sufren cautiverio contra su voluntad en cualquier parte del mundo", afirmó este martes la Fundación Príncipe de Asturias en un comunicado.
Entre las personalidades que han enviado misivas de apoyo a la candidatura de la ex candidata presidencial colombiana figuran también el ex presidente portugués Mario Soares, el ex presidente de la Comisión Europea, Jacques Delors, y el ex presidente de la República Checa, Vaclav Havel, entre otros.
La Fundación había anunciado en febrero pasado la candidatura de Betancourt, junto a su ex compañera de fórmula Clara Rojas y la ex parlamentaria colombiana Consuelo González, al Premio Príncipe de Asturias de la Concordia 2008, uno de los ocho que conceden anualmente esa Fundación.
Betancourt está secuestrada por las Fuerzas Armadas Revolucionarias de Colombia (Farc) desde febrero de 2002. Las otras dos mujeres fueron liberadas el pasado 10 de enero.
Las instituciones y personalidades promotoras de esta candidatura consideran que las tres mujeres "son un símbolo de la lucha por los derechos humanos y los rostros más visibles de los más de 3.000 secuestrados que siguen retenidos por las Farc" en Colombia, añadió la Fundación en un comunicado.
Un jurado fallará en septiembre de 2008 este premio anual que recompensa tradicionalmente el trabajo en favor de la paz, el entendimiento y la cooperación, al que ya había sido propuesta Betancourt en 2007.
El premio de la Concordia, uno de los ocho Príncipe de Asturias, dotado cada uno con 50.000 euros, fue concedido el pasado año al memorial israelí Yad Vashem y en 2006 a la UNICEF.
Madrid
Con AFP http://www.eltiempo.com/politica/2008-04-08
HISTORIQUE DE LA FONDATION PRINCE DES ASTURIES
Le 24 septembre 1980 s'est constituée dans la ville d'Oviedo la Fondation "Prince des Asturies", au cours d'un acte solennel qui fut présidé par Son Altesse Royale le Prince des Asturies, Héritier de la Couronne d'Espagne, accompagné de ses parents, Leurs Majestés le Roi et la Reine.
Les objectifs primordiaux de la Fondation sont de consolider les liens existants entre la Principauté et le Prince des Asturies, et de contribuer à l'exaltation et à la promotion de toutes les valeurs scientifiques, culturelles, et humanistes qui forment partie du patrimoine universel.
Comme symbole du caractère et des buts de la Fondation, et en adoptant la dénomination du titre qui appartient historiquement à l'Héritier de la Couronne d'Espagne, les "Prix Prince des Asturies" ont été créés, destinés à récompenser le travail scientifique, culturel et social, ayant été réalisé dans un domaine international, en particulier au sein de la communauté des nations hispano-américaines, par des personnes, des équipes de travail ou des institutions, dont les réussites constituent un exemple pour l'Humanité. http://www.fundacionprincipedeasturias.org/fra/index.html
08 avril 2008
LES FARC REJETTENT LA MISSION HUMANITAIRE FRANCAISE
LES FARC NE VONT LIBERER NI INGRID NI LES AUTRES OTAGES ils rejettent la mission Française dans une nouvelle lettre transmise à l'agence de presse Bolivarienne aujourd'hui (la lettre date du 04 avril 2008)

C’est la nouvelle qui ressort d’un texte de l’agence de presse bolivarienne (ABP), bras politique des FARC et son canal habituel pour transmettre ses communiqués.
AP | 08.04.2008 | 19:57
Les FARC ont annoncé dans un communiqué diffusé aujourd'hui leur refus de la mission humanitaire française dépêchée en Colombie pour tenter d'entrer en contact avec l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt.
A Paris, la présidence de la République, sollicitée par l'Associated Press, ne souhaitait pas faire de commentaire dans l'immédiat.
Pour les FARC, la mission médicale française n'est "pas recevable encore moins quand elle n'est pas le résultat d'une concertation, mais de la mauvaise foi du (président colombien Alvaro) Uribe envers le gouvernement de l'Elysée, et une plaisanterie sans âme envers l'attente des familles de prisonniers".
"Nous ne cédons pas au chantage ni aux campagnes médiatiques", précisent les Forces armées révolutionnaires de Colombie dans un texte diffusé sur le site Internet de l'Agence bolivarienne de presse (APB), qui diffuse régulièrement des communiqués des FARC.
Le communiqué est daté du 4 avril, soit le lendemain de l'arrivée à Bogota de l'avion transportant l'équipe chargée de la mission humanitaire.
Dans le texte, le secrétariat des FARC, l'instance dirigeante de la guérilla, appelle à nouveau le gouvernement colombien à créer une zone démilitarisée pour permettre la tenue de pourparlers sur un échange humanitaire. Le président Uribe a rejeté cette demande à plusieurs reprises.
"Si au début de l'année le président Uribe avait démilitarisé Pradera et Florida pendant 45 jours, tant Ingrid Betancourt que les militaires et guérilleros prisonniers auraient déjà été libérés, et cela aurait été la victoire de tous", affirme le communiqué.
Les FARC rappellent que la "libéralisation unilatérale" de Clara Rojas, la directrice de campagne d'Ingrid Betancourt, et de cinq élus colombiens, avait été "un geste de générosité et de volonté politique". Il s'agissait d'une "décision souveraine" des FARC, "stimulée" par la médiation du président vénézuélien Hugo Chávez et de la sénatrice Piedad Córdoba.
Elles ajoutent que la mort du numéro deux des FARC Raul Reyes, abattu le 1er mars dans un raid de l'armée colombienne en territoire équatorien a "blessé à mort l'espoir d'un échange humanitaire et de paix", car "qui ordonne à ses généraux l'intervention militaire (...) ne veut pas l'échange". "Nous ne sommes en train de demander à personne le statut de réfugié", poursuit le communiqué, dans une allusion aux déclarations de Paris se disant prêt à accueillir les guérilleros sur son territoire.
"Ce que je vois de positif, c'est que la porte des négociations est ouverte", a estimé Astrid Betancourt, la soeur de l'otage franco-colombienne. Interrogée par l'Associated Press, elle a constaté que "les FARC trouvent que la mission humanitaire n'a pas de raison d'être mais laissent la porte ouverte à la négociation".
"Ils considèrent que la mission humanitaire met en danger les campements des FARC car il est possible pour l'armée colombienne de suivre cette mission et de localiser les campements des FARC. C'est la raison pour laquelle les FARC ont refusé cette mission", a-t-elle expliqué.
Pour Astrid Betancourt, "il est urgent aujourd'hui de rétablir le climat de confiance propice pour les négociations, de sécuriser la vie des otages en demandant la cessation des bombardements sur la zone ou se trouvent les campements, et de faire connaître aux FARC le détail des propositions que le gouvernement colombien et la communauté internationale font en échange de la libération d'Ingrid et des autres otages à travers le président (vénézuélien Hugo) Chavez".
Hervé Marro du Comité de soutien à Ingrid Betancourt a dénoncé l'attitude des FARC, qui "font preuve d'un grand mépris de la vie et de la liberté". "On sait qu'Uribe a des responsabilités là-dessus, on n'en doute pas. Mais on ne doute pas non plus de la responsabilité des FARC", a-t-il déclaré à l'Associated Press. "Il faut que les FARC prennent la mesure du rendez-vous historique auquel elles doivent répondre". "En gardant des otages, la posture politique est impossible, c'est une posture de chefs de bande", a-t-il insisté.
Dans la lignée de la "marche blanche" organisée dimanche à Paris et dans plusieurs ville de France, "nous invitons les citoyens à mener une nouvelle action, en disposant aux balcons et aux fenêtres dans le monde entier un drapeau ou un drap blanc portant l'inscription 'Libérez Ingrid et les otages tout de suite'", a-t-il ajouté. "On n'en peut plus. On a la rage d'en finir et de retrouver Ingrid vivante".
Un avion acheminant deux médecins et deux diplomates, composant une mission censée approcher des FARC et de leurs otages, était arrivé jeudi à Bogota. La mission mise en place par la France, l'Espagne et la Suisse, trois pays impliqués depuis longtemps dans les négociations entre le gouvernement colombien et les différentes guérillas du pays.
Le 1er avril, Nicolas Sarkozy avait enregistré un message radio-télévisé à l'attention du chef des FARC Manuel Marulanda, lui demandant de relâcher Ingrid Betancourt "en danger de mort imminente".
Lundi, un ex-otage des FARC libéré il y a peu, Luis Eladio Perez, avait expliqué qu'Ingrid Betancourt était malade, mais pas proche de la mort, selon lui. Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner avait aussi dit croire le même jour qu'elle se porte "mieux qu'on ne l'avait dit". AP
VOIR L'ARTICLE DU 06.04.08 http://vincentportier.canalblog.com/archives/2008/04/06/8625216.html
la version originale (en attente de traduction)
Comunicado del Secretariado del Estado Mayor Central de las FARC-EP sobre la misión médica francesa
por ABP Colombia
ABP/08/04/2008
Comunicado
1. La liberación unilateral de cinco congresistas y de una ex candidata a la vicepresidencia, ocurrida entre enero y febrero, fue ante todo un gesto de generosidad y voluntad política de las FARC, no de debilidad o resultado de una presión, como equivocadamente lo asume el gobierno del señor Uribe.Tales liberaciones obedecieron a una decisión soberana de la insurgencia de las FARC estimulada por la persistente labor humanitaria del Presidente Hugo Chávez y la senadora Piedad Córdoba.
2. Desde la última liberación unilateral del 27 de febrero hemos estado a la espera del decreto presidencial ordenando el despeje militar de Pradera y Florida para concretar allí, con la garantía de la presencia guerrillera, el acuerdo de canje humanitario. Los guerrilleros presos en las cárceles de Colombia y los Estados Unidos, son nuestra prioridad. Rechazamos la calificación amañada del delito político que pretende impedir que los guerrilleros salgan de las cárceles. No estamos reclamando a nadie el estatus de refugiado, utilizado como nombre camuflado del destierro y de la institucionalización del delito de opinión.
3. Lamentamos profundamente que mientras propiciábamos hechos palpables en dirección al canje de prisioneros, el Presidente Uribe planificaba y ejecutaba el artero asesinato del comandante Raúl Reyes, hiriendo de muerte la esperanza de intercambio humanitario y de paz. Quien ordena a sus generales el rescate militar a sangre y fuego, no quiere el canje. Quien ofrece millones de dólares instando a la deserción con prisioneros, no está por el intercambio. Eso es Uribe: el obstáculo principal y el enemigo número uno del canje. Por eso le apuesta irresponsablemente, todos los días, al desenlace fatal.
4. Por las mismas razones expuestas al CICR el 17 de enero, la misión médica francesa no es procedente y mucho menos cuando no es resultado de la concertación, sino de la mala fe de Uribe ante el gobierno del Elíseo, y una burla desalmada a las expectativas de los familiares de los prisioneros. No actuamos bajo chantajes ni bajo el impulso de campañas mediáticas. Si a comienzos de año el Presidente Uribe hubiese despejado Pradera y Florida por 45 días, tanto Ingrid Betancur, como los militares y los guerrilleros presos ya habrían recobrado su libertad, y sería la victoria de todos.
Secretariado del Estado Mayor Central de las FARC-EP
Montañas de Colombia, abril 4 de 2008
AP | 08.04.2008 | 19:57
Les FARC ont annoncé dans un communiqué diffusé mardi leur refus de la mission humanitaire française dépêchée en Colombie pour tenter d'entrer en contact avec l'otage franco-colombienne Ingrid Betancourt.
A Paris, la présidence de la République, sollicitée par l'Associated Press, ne souhaitait pas faire de commentaire dans l'immédiat.
Pour les FARC, la mission médicale française n'est "pas recevable encore moins quand elle n'est pas le résultat d'une concertation, mais de la mauvaise foi du (président colombien Alvaro) Uribe envers le gouvernement de l'Elysée, et une plaisanterie sans âme envers l'attente des familles de prisonniers".
"Nous ne cédons pas au chantage ni aux campagnes médiatiques", précisent les Forces armées révolutionnaires de Colombie dans un texte diffusé sur le site Internet de l'Agence bolivarienne de presse (APB), qui diffuse régulièrement des communiqués des FARC.
Le communiqué est daté du 4 avril, soit le lendemain de l'arrivée à Bogota de l'avion transportant l'équipe chargée de la mission humanitaire.
Dans le texte, le secrétariat des FARC, l'instance dirigeante de la guérilla, appelle à nouveau le gouvernement colombien à créer une zone démilitarisée pour permettre la tenue de pourparlers sur un échange humanitaire. Le président Uribe a rejeté cette demande à plusieurs reprises.
"Si au début de l'année le président Uribe avait démilitarisé Pradera et Florida pendant 45 jours, tant Ingrid Betancourt que les militaires et guérilleros prisonniers auraient déjà été libérés, et cela aurait été la victoire de tous", affirme le communiqué.
Les FARC rappellent que la "libéralisation unilatérale" de Clara Rojas, la directrice de campagne d'Ingrid Betancourt, et de cinq élus colombiens, avait été "un geste de générosité et de volonté politique". Il s'agissait d'une "décision souveraine" des FARC, "stimulée" par la médiation du président vénézuélien Hugo Chávez et de la sénatrice Piedad Córdoba.
Elles ajoutent que la mort du numéro deux des FARC Raul Reyes, abattu le 1er mars dans un raid de l'armée colombienne en territoire équatorien a "blessé à mort l'espoir d'un échange humanitaire et de paix", car "qui ordonne à ses généraux l'intervention militaire (...) ne veut pas l'échange". "Nous ne sommes en train de demander à personne le statut de réfugié", poursuit le communiqué, dans une allusion aux déclarations de Paris se disant prêt à accueillir les guérilleros sur son territoire.
"Ce que je vois de positif, c'est que la porte des négociations est ouverte", a estimé Astrid Betancourt, la soeur de l'otage franco-colombienne. Interrogée par l'Associated Press, elle a constaté que "les FARC trouvent que la mission humanitaire n'a pas de raison d'être mais laissent la porte ouverte à la négociation".
"Ils considèrent que la mission humanitaire met en danger les campements des FARC car il est possible pour l'armée colombienne de suivre cette mission et de localiser les campements des FARC. C'est la raison pour laquelle les FARC ont refusé cette mission", a-t-elle expliqué.
Pour Astrid Betancourt, "il est urgent aujourd'hui de rétablir le climat de confiance propice pour les négociations, de sécuriser la vie des otages en demandant la cessation des bombardements sur la zone ou se trouvent les campements, et de faire connaître aux FARC le détail des propositions que le gouvernement colombien et la communauté internationale font en échange de la libération d'Ingrid et des autres otages à travers le président (vénézuélien Hugo) Chavez".
Hervé Marro du Comité de soutien à Ingrid Betancourt a dénoncé l'attitude des FARC, qui "font preuve d'un grand mépris de la vie et de la liberté". "On sait qu'Uribe a des responsabilités là-dessus, on n'en doute pas. Mais on ne doute pas non plus de la responsabilité des FARC", a-t-il déclaré à l'Associated Press. "Il faut que les FARC prennent la mesure du rendez-vous historique auquel elles doivent répondre". "En gardant des otages, la posture politique est impossible, c'est une posture de chefs de bande", a-t-il insisté.
Dans la lignée de la "marche blanche" organisée dimanche à Paris et dans plusieurs ville de France, "nous invitons les citoyens à mener une nouvelle action, en disposant aux balcons et aux fenêtres dans le monde entier un drapeau ou un drap blanc portant l'inscription 'Libérez Ingrid et les otages tout de suite'", a-t-il ajouté. "On n'en peut plus. On a la rage d'en finir et de retrouver Ingrid vivante".
Un avion acheminant deux médecins et deux diplomates, composant une mission censée approcher des FARC et de leurs otages, était arrivé jeudi à Bogota. La mission mise en place par la France, l'Espagne et la Suisse, trois pays impliqués depuis longtemps dans les négociations entre le gouvernement colombien et les différentes guérillas du pays.
Le 1er avril, Nicolas Sarkozy avait enregistré un message radio-télévisé à l'attention du chef des FARC Manuel Marulanda, lui demandant de relâcher Ingrid Betancourt "en danger de mort imminente".
Lundi, un ex-otage des FARC libéré il y a peu, Luis Eladio Perez, avait expliqué qu'Ingrid Betancourt était malade, mais pas proche de la mort, selon lui. Le ministre des Affaires étrangères Bernard Kouchner avait aussi dit croire le même jour qu'elle se porte "mieux qu'on ne l'avait dit". AP
INGRID BETANCOURT TOUJOURS VIVANTE
Kouchner : Betancourt
va «mieux qu'on ne le dit»
L.S. (lefigaro.fr) avec AFP et AP
07/04/2008 | Mise à jour : 11:36 | Commentaires
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Bernard Kouchner, dimanche à Paris, entre la présidente argentine Cristina Kirchner et Astrid Betancourt. (AFP PHOTO BERTRAND LANGLOIS)
Selon le ministre des Affaires étrangères, l'état de santé de l'otage franco-colombienne serait moins inquiétant que les déclarations de ses proches ne le laissaient penser.
«Nous avons le sentiment non seulement qu'elle est en vie mais qu'elle se porte mieux qu'on ne l'avait dit», a déclaré lundi matin Bernard Kouchner sur LCI à propos d'Ingrid Betancourt. Selon le patron du Quai d'Orsay, l'état de l'otage des Farc «doit être dégradée bien sûr», mais les récentes informations sur sa santé pourraient être exagérées. Kouchner ne précise toutefois pas sur quoi reposent ces affirmations. «Je peux hélas me tromper», a-t-il d'ailleurs aussitôt précisé.
Plusieurs sources ont en effet récemment déclaré qu'Ingrid Betancourt était à l'article de la mort. «Maman est dans un état critique, c'est une certitude», a ainsi affirmé son fils Lorenzo Delloye vendredi sans citer de sources. Plus tôt, il avait déclaré que sa mère était «atteinte d'une hépatite B et de leishmaniose, qui l'obligent à avoir une transmission sanguine dans les heures qui viennent sous peine de perdre la vie.» Un médecin des Farc capturé récemment avait avancé qu'elle souffrait de deux sortes de paludisme, d'une gastrite et d'une excroissance anormale du foie. Des membres de la famille de l'otage avaient enfin déclaré qu'elle avait entamé une grève de la faim depuis le 23 février.
Toujours pas de contact avec les Farc
Mais plusieurs voix discordantes se sont fait entendre à ce sujet : «La grève de la faim ? Je n'en crois pas un mot», avait ainsi affirmé sa sœur Astridsoulignant qu'un an et demi après l'enlèvement de sa sœur le 23 février 2002, les rumeurs la donnaient «gravement malade», hospitalisée et «même enterrée». Tout était faux, a-t-elle poursuivi .
voir son interview sur http://vincentportier.canalblog.com/archives/2008/03/21/8411074.html
De même, sa mère Yolanda Pulecio a affirmé à divers médias colombiens que sa fille ne souffrait pas du tout d'une hépatite ou de lechmaniose, mais qu'elle avait simplement contracté des amibes à cause de la mauvaise hygiène de l'eau dans les camps des Farc. Ces amibes auraient provoqué un kyste qui lui ôterait tout appétit.
Le président colombien Alvaro Uribe s'est de son côté montré prudent, déclarant qu'il n'avait «aucune confirmation sur les mauvaises nouvelles qui ont circulé la semaine dernière.» D'autres voix ont enfin fait volte-face sur ce sujet. C'est le cas de la sénatrice Piedad Cordoba, personnage récurrents du dossier des Farc. «Ingrid est dans un état grave», affirmait-elle jeudi, avant de déclarer, deux jours plus tard, qu'elle n'avait «aucune idée de l'état de santé dans lequel se trouve Ingrid».
Dans ce brouillard d'informations contradictoires, les déclarations de Bernard Kouchner se veulent rassurante. Mais le ministre n'a pas précisé la source de ses informations, reconnaissant même que la France n'avait pour l'instant toujours aucun contact avec la guérilla colombienne. «En tous cas, nous faisons tout comme si nous devions la libérer immédiatement et chaque seconde», a-t-il conclu.
07 avril 2008
MARCHE BLANCHE POUR INGRID ET LES OTAGES (noir de monde)

42.000 personnes mobilisées pour la Marche Blanche
VOIR LE REPORTAGE SUR www.agirpouringrid.com
06 avril 2008
PASSEPORT SUISSE pour un accord humanitaire?
Négociation en vol entre la Suisse et les farc:
Alors que la mission FrancoFrançaise semble se résumer pour l'instant à la présence d'un Falcon 50 médicalisé sur la base de San José en Colombie voici la position de la Suisse dans le contexte actuel:
Jean-Pierre Gontard, le négociateur suisse, déploie une intense activité de médiateur depuis des années mais L'élimination de Raul Reyes le 1er mars a changé la donne. Il était le contact de Gontard et de Noël Saez. Mais la Suisse recèle des leaders guérilleros.(et donc peut être d'autres contacts que la France)
EXTRAIT DU JOURNAL LE TEMPS, 3 AVRIL 2008:
” Contrairement à ce qui a pu être parfois annoncé, les contacts avec les FARC n’ont jamais été rompus après que l’armée colombienne a abattu le numéro 2 de la guérilla, Raul Reyes. Le médiateur suisse en particulier a toujours joué un rôle clé pour que le lien subsiste. Au sein du trio des pays facilitateurs, c’est lui qui a la plus longue expérience de discussion avec les FARC. La guérilla avait sollicité son intervention pour la première fois il y a plus de dix ans, d’abord de façon informelle. «Aucun émissaire n’a autant de crédit que lui auprès des FARC», souffle même un diplomate français, admiratif.
La mission humanitaire doit se dérouler en trois temps. Le médiateur suisse et son homologue français, ainsi que les diplomates qui les accompagnent, rencontreront d’abord l’entourage du président colombien Alvaro Uribe. La France a accepté d’accorder le statut de réfugiés politiques à des membres des FARC en échange de la libération de Betancourt. Des détails sur les conditions de cet échange restent à préciser. Des inconnues à dissiper. La mission humanitaire doit pouvoir apporter aux FARC des garanties absolues de sécurité. L’exfiltration de Betancourt ne doit pas déraper. Les guérilleros qui remettront l’otage à l’endroit fixé ne doivent pas craindre pour leur vie, le jour J ni les jours suivants.
Puis les deux médiateurs doivent se rendre seuls dans la jungle à un rendez-vous avec un dirigeant des FARC pour discuter des détails de la libération. L’essentiel, apprend-on, est que les deux émissaires puissent apporter tous les éléments susceptibles de restaurer une confiance malmenée par les récentes opérations militaires de l’armée colombienne qui ont affaibli la guérilla. Les FARC se méfient car chaque libération d’otages laisse des traces captées par les satellites des services secrets américains. Ces informations sensibles sont aussitôt remises aux autorités colombiennes, qui s’en servent pour repérer les campements des guérilleros et les détruire. Si les FARC donnent leur feu vert, l’opération de récupération d’Ingrid Betancourt pourra alors être déclenchée.
«Notre mission est délicate et sans garantie de succès», soulignaient hier ceux qui l’ont préparée ces dernières heures. La Suisse maintient le contact avec les FARC officiellement depuis cinq ans, avec une fonction de facilitatrice du dialogue entre la guérilla et le gouvernement colombien. Elle a débuté seule ce difficile travail de médiation. Puis elle a été rejointe par la France, plus récemment par l’Espagne. “
depuis http://jacquesthomet.unblog.fr/2008/04/
"FALCONNERIE"ou"POKER MENTEUR" sur le tarmac de San José
Devant le silence des FARC,Bernard Kouchner tient bon mais pour combien de temps et pourquoi?
A San José, capitale du département du Guaviare (sud-est) où l'otage colombienne aurait été aperçue dans un état alarmant, on veut espérer l'arrivée d'un avion médicalisé, cloué depuis trois jours à Bogota. “Tant que les Farc n'auront pas répondu” cette mission paraît bloquée, concède à Pedro Arenas, maire de cette localité de 65.000 habitants, placée sous haute surveillance militaire
La mission humanitaire chargée en Colombie de rencontrer Ingrid Betancourt “va rester sur place”, a révélé à France 2 Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères.
Quatre délégués, dont l'agent secret français Noël Saez, attendent à Bogota un feu vert des FARC, qui ont enlevé Ingrid Betancourt en 2002, pour un contact inexistant depuis quatre jours.
“Il fallait agir. Nous sommes sur place et nous sommes déterminés à continuer. Maintenant, nous attendons des nouvelles des Farc”, a poursuivi M. Kouchner.
“Ce n'est pas fini, et nous espérons que ce ne sera pas fini, et que nous réussirons, et nous nous obstinons, c'est ça qu'il faut faire”, a-t-il encore dit.
.Le gouverneur du Guaviare, Oscar Lopez, souligne que la guérilla “n'a donné aucun signal, ni même à Hugo Chavez”, le président populiste du Venezuela, qui avait obtenu dans cette même région la libération de six otages cette année.
L'évêque de la région, Guillermo Orozco, ne cache plus ses doutes. “Tout peut encore arriver, mais je suis sceptique. Je crois qu'il ne faut pas en espérer beaucoup”, dit-il résumé par/jacquesthomet.unblog.fr/2008/04/
Dans ce contexte il semble difficile de penser qu' une tentative de médiation FRANCO FARC puisse décollée.
Le silence radio des FARC et les lettres de ses principaux chefs Rodrigo Granda et Ivan Marquez, sur Betancourt et les autres otages sont un signe d'accusé de non reception du moins pour le moment.Voici la traduction intégrale de la dernière lettre d'Ivan Marquez (la voix de Marulanda).Celui ci semble vouloir garder comme objectif principal la lutte contre le gouvernement de Bogota et tous ceux qui le suivent
NOUVELOBS.COM | 02.04.2008 | 12:34
Ici, il y a en un vivant ! criaient-ils dans l'obscurité. Donne-lui une balle ! répondaient-ils. Et ensuite les coups de feu…Ainsi ont agi les troupes d'Uribe Velez, le ténébreux terroriste international pantin des Etats-Unis, au moment d'achever la prise du campement de Raoul Reyes. Plusieurs des blessés furent achevés avec le coup de grâce.
A Oh25, de ce 1er mars un missile s'est écrasé au cœur du camp endormi. Personne n'a entendu ni avion ni hélicoptère. Le missile avait été envoyé par les gringos depuis la base aérienne de Tres Esquinas, dans la région du Caqueta. Du Sud au Nord intervinrent des troupes terrestres que l'on avait aperçues dans la zone depuis le 26 février. Il n'y aura pas de rencontre avec la délégation française pour négocier la libération d'Ingrid. Ils ont tué Raoul Reyes, quelques uns de ses guérilleros et des étudiants mexicains en visite dans ce lieu. Comme l'a dit le commandant Marulanda : « Ils ont tué Raoul, Ils ont nui gravement à l'échange de prisonniers et à la paix ».
« L'Israël » de l'Amérique du Sud, la Colombie- le pays recevant la plupart de l'aide militaire et des millions et des millions de dollars du gouvernement de Washington dans la région, a agi froidement, avec le consentement de son allié, avec les satellites et la technologie militaire de pointe livrée par le gouvernement des Etats-Unis.
L'indigne mensonge d'une intervention soi-disant improvisée ne résiste pas à la vérité. Il s'est effondré après la première analyse révélant la plus infâme violation de territoire, de la souveraineté et de la dignité d'un pays frère (l'Equateur, ndlr). Et avec leur habituelle perfidie, ils ont tenté, et continuent de le faire, de convertir une nation victime en coupable. Pour cette raison, ils brandissent comme des chiens de guerre la doctrine de la souveraineté limitée, inacceptable sophisme et prétexte pour la Maison Blanche, pour asservir et spolier les peuples, argutie précaire qui ne masquera pas la transgression à la loi internationale dans notre Amérique. La réponse du Président de l'Equateur, Rafael Correa, à monsieur Uribe fut de haute tenue : « Votre insolence fait plus de mal que vos bombes assassines. Assez de tromperies »
Le monde n'oubliera pas cet après-midi de Saint Domingue au cours de laquelle un Alvaro Uribe devenu fou couvrit d'injures le cadavre de Raul Reyes, le traitant de lâche et de ténébreux terroriste, qualificatifs qu'il pourrait s'appliquer à lui-même et à sa bande présidentielle, qui, au nom des paramilitaires trafiquants de drogue qui ont succédé aux cartels de Cali et de Medellin, s'est emparé du palais de Narino (palais de la présidence de la République, ndlr).
A la mort de Raul Reyes et à l'assassinat ultérieur d'Ivan Rios a suivi la plus irrationnelle euphorie triomphaliste des oligarchies de Colombie. Le fascisme hystérique – le même que celui qui incite à lapider des femmes exceptionnelles comme Piedad Cordoba- s'est emparé d'un pays gouverné par la famille Santos. Ils ont vomi toute leur haine et ils ont rempli l'espace électromagnétique d'informations manipulées, de déclarations de victoire et d'incitations à "désinfecter" l'insurrection.
Ils se glorifièrent et se lancèrent dans cette affaire persuadés qu'ils avaient signé la victoire de la bataille finale. Leurs plus terribles anathèmes ont profané les cadavres de nos morts avec la même insanité que les paramilitaires avec leurs victimes. Ils vont faire comme le maréchal Monet, qui, croyant la victoire assurée dans les champs de Ayacucho, avec un optimisme effréné se lança avec toutes ses forces pour exterminer les invincibles de Sucre et de Bolivar.
Au micro, le procureur général Mario Iguaran a évoqué son délicat dilemme : cataloguer ou pas d'homicide l'assassinat du commandant Ivan Rios et de sa compagne. De l'autre côté, le général Mora Angel se vantait des 400 000 hommes des Forces Armées officielles face aux 50 000 de l'Equateur et aux 70 000 du Venezuela. L'expérience des militaires colombiens, dit-il est supérieure : « Nous portons la lumière au Venezuela depuis des années, et nos pilotes sont habitués à combattre de nuit. »
Peut-être avait-il raison, mais le problème de son analyse légère est qu'elle ne tient pas compte ni des Farc, ni des peuples de la Grande Colombie. Quelques Farc libres pour avancer, ce n'est pas méprisable, surtout s'ils sont entourés d'une population insurgée, résolue de sortir d'une horrible nuit d'oppression.
On oublie que la Colombie entière est une poudrière sur le point d'exploser. Uribe a exclu pour toujours de ses discours les programmes sociaux. Il parle seulement de guerre et de haine (…) Il a changé ses Conseils Communs en tribune de la démagogie et de l'erreur effrontée à la population. Il a annoncé qu'il allait résoudre les problèmes les plus urgents de la population, mais rien ne s'est passé. Plus de 30 millions de Colombiens vivent désormais dans la pauvreté.
Le coût élevé de la vie, le chômage, sont en train d'affamer les populations. La majorité n'a pas de toit, elle n'accède pas à la santé ou à l'éducation. Les terres dépouillées n'ont pas été rendues aux paysans, et plus de 4 millions de déplacés continuent de grossir la misère. Il y a seulement un bénéfice pour les grands investisseurs, un objet fondamental de la "sacro-sainte" politique de la Sûreté Démocratique imposée par les étrangers, comme une prolongation renouvelée de la néfaste doctrine de Sécurité nationale.
La violation de la souveraineté de l'Equateur a été un autre écran de fumée pour essayer de cacher toutes les pourritures et les hontes d'un régime qui a tourné ses armes répressives contre le peuple. Il cherche à cacher les liens sans objection possible avec la narco-para-politique qui déshonore le nom de la Colombie. Que personne ne conteste comment le président peut continuer d'être un homme dont ses principaux proches ont des liens scandaleux avec narco-para-politique. 90% des congressistes sont uribistes. Le vice-président et le ministre de l'Intérieur, Messieurs Santos, ne peuvent cacher leur queue touffue de narco-paramilitaire.
Les chefs paramilitaires eux-mêmes ont dénoncé qu'ils avaient financé à coup de mallettes pleines de dollars les campagnes présidentielle d'Uribe. M. Uribe ne peut occulter sa trajectoire délictueuse dans le trafic de stupéfiants. Il est allé jusqu'à outrepasser le directeur de l'Aéronautique civile pour autoriser à Paul Escobar Gaviria de créer des centaines de pistes clandestines dans la forêt, pour permettre le trafic de cocaïne vers des villes américaines.
C'est lui que Bush et Rice appellent Président démocratique et garant de la justice sociale ? Aura-t-il oublié qu'il a été porté à la présidence grâce à une gigantesque fraude électorale montée par les paramilitaires et le directeur du DAS ? Que ce "président démocratique" disent où sont les 11 prisonniers pris dans le campement de Raul Reyes et aujourd'hui disparus. Qu'il réponde des massacres et les mille fosses communes sur lesquels s'est érigé son gouvernement, des plus de 150.000 citoyens emprisonnés après ses coups de filet fascistes.
Qu'il réponde de l'assassinat de dirigeants syndicaux et populaires, de l'extradition de 600 personnes vers les Etats-Unis, renonçant ainsi à la souveraineté judiciaire du pays dans un agenouillement le plus écrasant à une puissance étrangère. Il ne peut pas être un chef démocratique qui envoie ses hordes paramilitaires au Venezuela pour faire assassiner un Président, ou qui ne se s'émeut pas du meurtre de plusieurs organisateurs de la grande marche du 6 mars contre le terrorisme d'Etat. En réalité, Uribe est un "ténébreux terroriste". Et le terrorisme d'Etat est sa pratique quotidienne.
Les convulsions de la Colombie d'aujourd'hui sont le signe que nous sommes au seuil d'une ère nouvelle. L'Amérique enfante l'ère de Bolivar. C'est l'heure de la lutte des peuples et de la solidarité. Nous nous approchons d'une étape historique prodigieuse dans laquelle les peuples seront les protagonistes de l'échange après 500 ans d'oppression et de spoliation. On ne peut pas vaciller en ce moment. Cette cohorte de bandits santanderistes, néolibéraux et pro-yanquees ne va pas désactiver la résistance populaire avec son arrogance triomphaliste, subjective et joyeuse.
Les peuples de la Grande Colombie doivent marcher contre le pantin fasciste de Washington, contre les faucons hystériques qui crient, menaçants, sa doctrine fasciste sur les peuples de Notre Amérique, excités par le Commando Sur.
La Colombie a besoin d'une levée populaire pour la patrie, pour la solution politique du conflit, contre la faim, contre la guerre, par la paix, par un nouveau gouvernement, par la démocratie populaire et souveraine du peuple. Nous voulons la patrie que désirait Bolivar, pas celle qu'ont perverti Santander et le secrétaire de l'Etat Henry Clay ; nous voulons un nouveau gouvernement qui aborde la question urgente de la paix et de la justice
