06 juillet 2008
"OPERATION ECHEC" COMMENT?Le scénario de l'opération
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Régis écrit:
QUELQUES INFORMATIONS COMPLEMENTAIRES SUR LA LIBERATION DE INGRID BETANCOURT ET 14 AUTRES OTAGES EN COLOMBIE (d’après de multiples sources principalement colombiennes, mais aussi françaises, et pour répondre à certaines désinformations publiées en France, Suisse, Vénézuéla,..)
L’opération réussie a bien été une opération militaire préparée depuis au moins 1 an par les services secrets colombiens, avec sans doute l’aide technologique de nord-américains et d’israéliens.
En résumé, un agent secret colombien a réussi, il y a un an environ, à s’infiltrer jusqu’au niveau dirigeant de la brigade des FARC qui était chargé du maintien en captivité d’une partie des otages à valeur politique : des américains, Ingrid (franco-colombienne), et des soldats colombiens de tout grade. Il a réussi à inciter cette brigade à regrouper 15 de ces otages, qui étaient disséminés en petits groupes pour réduire les risques d’opérations militaires de libération, dans le but de les faire transporter jusqu’à l’un des principaux dirigeants des FARC, sans doute Alfonso Cano, le nouveau N°1 des FARC. Il a organisé ce transport avec un hélicoptère repeint en blanc et prétendument d’une ONG européenne factice qui allait transporter les otages vers un site aux conditions de détention meilleures et dans lequel des négociations d’un éventuel accord humanitaire allaient pouvoir avancer.
Les otages allant donc théoriquement rencontrer des émissaires européens, il leur a été permis de se raser de s’habiller proprement (et sans doute de manger à leur faim). Les 2 responsables de la captivité des otages sont donc montés à bord suivis des 15 otages, la peur au ventre et menottés par la guérilla. Une fois la porte de l’hélicoptère fermée, les 2 responsables guérilleros ont été neutralisés (mais pas abattus !) par les soldats de l’hélicoptère déguisés en guérilleros et les otages ont été soudain informés qu’ils étaient L I B R E S !
Certains mettent déjà en doute la capacité de l’armée colombienne à réussir une telle opération d’agent secret du style du très britannique James Bond. Et pourtant, dans l’ordinateur de Raul Reyes (le N°2 des FARC abattu en mars 2008 en territoire équatorien), a été trouvé un échange de courriers électroniques datant de fin 2007 sur la présence possible d’agents infiltrés jusqu’au plus haut niveau du commandement des FARC… Les FARC, eux, pensaient donc bien que c’était possible.
Il est important de souligner l’attitude du gouvernement colombien et de l’armée colombienne (trop souvent accusée d’atrocités et de non respect des droits de l’homme…) à ce moment: une fois les otages en sureté dans l’hélicoptère en vol et les nombreux guérilleros (une quarantaine) armés, restés au sol sans se douter de la supercherie, rien n’empêchait l’armée colombienne de déchainer ses mitrailleuses ou ses bombardiers pour éliminer ces membres des FARC dont certains ont assassiné des soldats désarmés et des civils sans défense. AUCUNE balle, ni bombe, n’a été tirée !!! Dans le cadre d’un tel conflit et compte tenu des multiples excès violents des FARC, c’est un sacré geste d’apaisement du Président Uribe qui n’est pas assez reconnu par les médias internationaux !
De même, un média suisse, rapidement relayé par la presse internationale, a déclaré qu’il y avait eu le paiement d’une rançon de 20 millions de dollars pour cette libération. Grosse intox : si avec seulement 20 millions de dollars, une telle libération avait pu être obtenue, il n’y avait aucune raison de le cacher, puisque cela aurait montré, si nécessaire, le « matérialisme » et donc le peu d’idéologie des FARC. Cela fait longtemps que le gouvernement colombien offre des récompenses à tous ceux qui permettent la libération d’otages, mais attention aux amalgames.
Les premiers témoignages des otages libérés indiquent des conditions de détention en dehors de tout respect de la dignité humaine, de toute règle internationale concernant des conflits (selon les règles émises par la croix rouge internationale et d’autres) :
otages enchainés pour dormir avec leurs bottes retirées (pour éviter toute tentative d’évasion dans la jungle), …
absence d’hygiène de base…
exécution sommaire d’otage enchainé : un otage (soldat colombien) ayant tenté de s’enfuir à été abattu dans un trou qui est devenu sa tombe, les mains attachés (témoignage direct d’un otage libéré).
Autre désinformation : le contenu de l’ordinateur du N°2 des FARC, Raul Reyes !
Cet ordinateur a été analysé par INTERPOL à Lyon, à la demande du gouvernement colombien, afin d’éviter les doutes qui surgiraient sur la véracité des documents reconstitués (la zone a été bombardé et l’ordinateur a pu souffrir de chocs) puis dévoilés.
Certains journalistes français ont su rappeler que Raul Reyes y avait écrit sur Ingrid Bétancourt qu’elle avait un sacré caractère. Mais pourquoi ne pas avoir également diffusé l’information écrite dans ce même ordinateur concernant la recommandation de Piedad Cordoba, sénatrice colombienne très proche de Hugo Chavez, quant à la nécessité de libérer des otages fin 2007 à proximité de la frontière avec le Vénézuéla, « des otages, n’importe quels otages, dont des femmes, mais surtout pas Ingrid, qui a trop de valeur »…
De même, concernant l’étiquette « très, très à droite » que certains journalistes français collent au président Uribe. Il faut savoir qu’Alvaro Uribe est issu du parti Libéral (qu’on pourrait comparer au parti Démocrate des USA) donc une droite à préoccupations sociales marquées. Il a ensuite décidé de se lancer sans étiquette pour aller au-delà d’un seul parti. Il a été élu démocratiquement par une majorité de population sur un programme clairement annoncé avant son élection et répété avant sa ré-élection populaire : « en finir avec la guérilla et le paramilitarisme ». Ingrid Bétancourt, elle-même dans sa première intervention publique le 2 juillet à Bogota, a reconnu qu’Alvaro Uribe avait été élu et ré-élu démocratiquement, au contraire des FARC qui n’ont aucune légitimité populaire ni démocratique. Elle a profité de l’occasion de demander aux présidents Chavez du Vénézuéla et Correa d’Equateur de respecter ce choix démocratique.
Uribe a proposé des plans d’accompagnement à la démobilisation des hommes et femmes hors la loi, qu’ils soient de droite (paramilitaire) ou de gauche (guérillas), mais il a aussi dynamisé les forces de l’ordre pour sécuriser progressivement une part croissance de son pays grand comme 2 fois la France, mais contenant 3 chaînes de montagnes andines et une jungle inextricable.
Les forces de l’ordre de Colombie sont souvent accusées d’atteinte aux droits de l’homme. Oui, il y a eu des abus, des excès, mais ce sont des exceptions par rapport à la majorité des soldats et des gradés de l’armée colombienne. Quant aux paramilitaires, il s’agit de milices privées, de sociétés de gardiennage, de vigiles privés,… qui ont mal tourné, c’est vrai. Mais pourquoi a-t-il fallu que ces milices se créent et se développent ??? Même si la violence ne doit pas appeler la violence, il faut se rappeler que ces milices se sont d’abord créées en réaction de défense (leur nom d’origine était « milices d’autodéfense ») face aux exactions des FARC. Il y a eu d’abord leur exigence « d’impôts révolutionnaires » auprès des entreprises et grands agriculteurs, puis leur méthode d’enlèvements « économiques » à partir de listes nominatives de personnes avec un « tarif » en face de chaque nom !!! Malheureusement, ces milices sont passées de la défense à l’attaque, avec tous les dérapages imaginables. Le président Uribe a donc inclus dans son programme et sa politique la suppression de ces milices. La démobilisation de milliers de paramilitaire ces dernières années est l’un de ses succès, en complément de l’arrestation de leurs leaders et leur extradition vers les USA pour répondre de trafic international de drogues.
Pour terminer : la cocaïne : le principal fléau en Colombie. Rappelons que même si la Colombie est, hélas, le plus grand exportateur de cocaïne du monde, les trafiquants qui gagnent le plus dans ce trafic sont… aux USA, en Europe, en Russie, etc… Comme pour toutes les productions issues des pays du tiers monde et destinées aux principaux consommateurs que sont les pays industrialisés, les principales marges sont prises dans les pays consommateurs, les pays producteurs recevant la plus petite part du gâteau.
L’argent facile de la cocaïne (par rapport à l’argent du café, des fleurs, ou des autres productions agricoles licites) a bouleversé l’économie du pays, mais aussi contribué à renforcer terriblement les mouvements de guérilla et de paramilitarisme qui ont tous trouvé, dans la cocaïne, une importante source de revenus « faciles ».
Il y a donc un certain nombre de consommateurs des pays industrialisés qui se donnent bonne conscience en achetant la journée du café « commerce équitable » pour aider au développement des pays « pauvres », mais qui, quelques heures plus tard, n’hésitent pas un instant à s’acheter leur dose de cocaïne pour faire « tendance ». Ils contribuent, sans aucun doute, à toutes les atteintes aux droits de l’homme dont les guérillas et les paramilitaires sont responsables en Colombie !!!
Maintenant qu’Ingrid Bétancourt est libre, au même titre que 3 américains et 11 soldats colombiens qui allaient « fêter » leurs 10 ans de captivité pour beaucoup d’entre eux, elle a annoncé qu’elle allait œuvrer pour la libération des autres otages. Il y a plusieurs dizaines d’autres otages dits « politiques » (principalement des militaires, mais aussi quelques élus politiques) et des centaines (entre 800 et 3000) otages dits « économiques ». Dans TOUS les cas, il s’agit d’otages, donc de victimes d’actes réalisés en dehors de toute convention internationale dans le cadre d’un conflit armé, en dehors de tout respect des droits de l’homme et de la dignité humaine.
L’immense majorité des colombiens a salué avec joie cette libération, pour les otages et leurs familles d’abord, mais aussi pour saluer le courage et la détermination de l’armée colombienne et de leur président qu’ils ont élu. Il reste à souhaiter que la tâche d’Ingrid, de son président et de ses forces de l’ordre ne soit que facilitée par toutes les personnes concernées, en Colombie et à l’extérieur et que la phrase « NO MAS SECUESTROS !» (PLUS JAMAIS D’ENLEVEMENTS!), si souvent prononcée par Ingrid et des millions de Colombiens, devienne réalité.
Signé:
Un simple français se sentant très proche de la Colombie et des colombiens
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