Fondation Ingrid Betancourt pour les Libertés et les Droits de l'Homme

Déclaration Universelle des Droits de l'Homme-Article premier: Tous les êtres humains naissent libres et égaux en dignité et en droits. Ils sont doués de raison et de conscience et doivent agir les uns envers les autres dans un esprit de fraternité.

19 juillet 2008

EVENEMENT:JMJ /SYDNEY 2008

Excuses historiques de Benoît XVI à Sydney pour la pédophilie dans l'Eglise

"Je voudrais à présent exprimer  à quel point nous éprouvons tous de la honte face aux victimes mineures qui ont été sexuellement abusées par des prêtres catholiques dans ce pays. Je suis profondément désolé pour la peine et les souffrances que les victimes ont endurées. Je puis leur assuré qu'en tant que pasteur, je souffre avec eux."

Benoît XVI lors de la messe inaugurale de son pontificat le 24 avril 2005

Benoît XVI

19/07/2008

SYDNEY (AFP) - Le pape a pour la première fois présenté ses excuses publiques samedi à Sydney pour les abus sexuels commis par des prêtres, faisant un nouveau pas dans la prise en compte d'un scandale qui a gravement compromis la réputation de l'Eglise catholique dans plusieurs pays.

Benoît XVI s'est dit "profondément désolé pour la souffrance que les victimes ont endurée" en Australie et les a assurées qu'il "partage leur souffrance". Il a souligné que les coupables devaient être "conduits devant la justice".

C'est la première fois que le chef de l'Eglise catholique fait des excuses aussi explicites. Aux Etats-Unis où il s'était rendu en avril, il avait exprimé sa "honte", un terme qu'il a repris samedi en Australie. Il avait également reçu en privé plusieurs victimes.

Le pape s'est exprimé sur ce sujet durant une messe célébrée samedi matin devant les évêques et les séminaristes australiens, dans le cadre des Journées mondiales de la jeunesse (JMJ) de Sydney.

Dans la soirée, il a présidé une veillée qui a rassemblé 200.000 jeunes catholiques de tous les continents sur un hippodrome, dans un mélange de recueillement et de liesse.

Il a demandé aux jeunes, dans un monde "divisé et fragmenté", de savoir écouter, "appelant d'une même voix", "l'enfant abandonné du Darfour, l'adolescent délinquant, le parent anxieux".

Les JMJ, les deuxièmes présidées par Benoît XVI après Cologne (Allemagne) en 2005, doivent s'achever dimanche au même endroit par une messe en plein air où sont attendues 500.000 personnes.

Mais comme ce fut le cas aux Etats-Unis, Benoît XVI était attendu en Australie sur la question de la pédophilie dans le clergé.

Il a abordé le sujet devant la hiérarchie de l'Eglise australienne, accusée par des associations de victimes de n'avoir pas réagi de manière adéquate.

"Je désire (...) reconnaître la honte que nous avons tous ressentie à la suite des abus sexuels sur des mineurs de la part de certains prêtres et religieux de cette nation", a-t-il dit.

"Je suis vraiment profondément désolé pour la souffrance que les victimes ont endurée et je les assure, en tant que pasteur, que je partage leur souffrance", a-t-il poursuivi.

Cette phrase a été ajoutée par le pape au texte préalablement distribué aux médias samedi matin. Le terme anglais "deeply sorry" correspond aux excuses que réclamaient ouvertement certaines victimes.

Cependant, un mouvement de défense des victimes et de leurs parents a jugé ces excuses insuffisantes.

"Des excuses peuvent constituer un début, mais nous voulons voir plus", a déclaré Chris MacIsaac, porte-parole de l'association Broken Rites, ajoutant qu'elles auraient dû être prononcées "dans une cathédrale pleine de victimes".

Les parents de deux jeunes filles victimes d'abus sexuels de la part d'un prêtre de Melbourne ont également jugé les excuses du pape "décevantes".

"Il ne s'agit que de mots, la même chose entendue depuis 13 ans (...), il n'y a rien de concret derrière", a déclaré Anthony Foster, le père des jeunes filles, dont l'une s'est suicidée et l'autre a sombré dans l'alcoolisme.

Le pape a souligné que "les victimes doivent recevoir compassion et soin et les responsables du mal doivent être conduits devant la justice".

Samedi après-midi, quelque 500 militants hostiles aux positions du pape sur la morale sexuelle ont manifesté et distribué des préservatifs aux pèlerins se rendant à la veillée.

Le Parlement de Nouvelle Galles du sud avait voté une loi interdisant d'"importuner" les pèlerins durant les JMJ, mais le texte a été annulé mardi par la cour fédérale australienne.

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PORTRAIT:"Barak Obama":L'avenir de "l'Homme"

16.07.08 - 3281

L'Europe vote Obama

Le candidat démocrate à la présidentielle américaine suscite l’engouement sur notre continent. Décryptage à l’heure de sa tournée.

Barack Obama, le 4 février 2008, à Boston.

Barak Obama en campagne

Par Jean-Claude Guillebaud.La Vie

Dans quelques jours, plusieurs pays d’Europe accueilleront Barack Obama, le candidat démocrate à l’élection présidentielle américaine. Il devrait être reçu le 25 juillet à l’Élysée, comme l’avait été, le 21 mars dernier, son adversaire républicain, John McCain. Au cours de l’été, le jeune sénateur de l’Illinois – il a 47 ans – devrait également se rendre en Allemagne et en Grande-Bretagne, puis au Proche-Orient. Concernant l’Europe, cette première rencontre est tout sauf ordinaire. Barack Obama bénéficie en effet sur le vieux continent d’une popularité toute particulière. Il y dispose de nombreux cercles de supporters et bénéficie de la bienveillance à peu près unanime de la presse. En France aussi bien qu’en Allemagne, en Italie ou en Espagne, l’opinion a succombé à l’«obamania». C’est peu de dire que l’Europe a d’ores et déjà voté massivement démocrate. À bien réfléchir, cet a priori favorable dépasse largement le cadre politique, au sens étroit du terme. La portée historique de cette inclination européenne est sans précédent depuis la sympathie affichée en 1961 – année de naissance de Barack Obama – pour le jeune John Fitzgerald Kennedy, alors âgé de 44 ans et qui, lui aussi, menait campagne pour le parti démocrate.

Il faut reconnaître que la symbolique, cette fois, est encore plus puissante. À cela trois séries de raisons qui paraissent s’emboîter les unes dans les autres, comme des poupées gigognes. Toutes ne tiennent pas à la couleur de la peau du jeune Obama, né à Honolulu d’une mère américaine, d’ascendance cherokee, et d’un père kényan. Les faveurs dont bénéficie chez nous Obama tiennent d’abord, par contraste, au désastre qu’aura été la présidence brouillonne et aventuriste de George W. Bush. Les Européens espèrent fermement la victoire du candidat démocrate, c’est-à-dire une réorientation moins unilatéraliste, moins arrogante, moins militariste de la politique américaine.

L’enlisement américain en Irak et en Afghanistan
, l’immobilisme au Proche- Orient et le dangereux bellicisme à l’égard de l’Iran ne sont pas seuls en cause. À l’exception de Nicolas Sarkozy et de Sylvio Berlusconi, les Européens ne se sont jamais reconnus dans le conservatisme crispé de l’administration Bush sur des sujets comme la ratification du protocole de Kyoto qui vise à limiter l’émission de gaz à effet de serre), l’encouragement au maintien de la peine de mort dans de nombreux États ou les entorses, sur le territoire américain, aux droits de l’homme et à la liberté d’expression, sous le prétexte de lutter contre le terrorisme. Sur ce dernier point, la détention sans jugement de centaines de prisonniers à Guantanamo est le plus criant sujet de discorde. Sur toutes ces questions et quelques autres, une alternance  démocrate à Washington permettrait à l’Europe et à l’Amérique de renouer des relations moins soupçonneuses.

Mais on reste là sur un terrain classiquement politique.
Or, tout le monde sait que la popularité d’Obama recouvre bien autre chose. Les Européens pressentent, avec quelque raison, que l’arrivée d’un jeune métis à la Maison-Blanche marquerait un tournant dans l’histoire américaine elle-même. Aux yeux du monde entier, les États-Unis ne seraient plus les mêmes. Définitivement. Cette élection prendrait vite l’allure d’un séisme symbolique de grande ampleur. Les Européens y subodorent déjà, quarante ans après sa mort, une revanche posthume du pasteur Martin Luther King, ardent défenseur des droits de la communauté noire américaine, et qui fut assassiné en avril 1968 à Memphis (Tennessee) par un tueur blanc.

Or, dans les années 1960, la croisade de Martin Luther King
ne visait pas seulement les discriminations raciales. Elle avait un fort contenu social. À travers les Noirs, c’était aussi les pauvres, les laissés-pour-compte du «rêve américain», les habitants des ghettos que le pasteur King entendait défendre. En 1968, quelques mois avant son assassinat, il avait d’ailleurs préparé une «marche des pauvres» sur Washington. Quarante ans après, dans une Amérique en crise, plus inégalitaire qu’elle ne l’a jamais été et peuplée de millions de «travailleurs pauvres», dans une Amérique où les prisons n’ont jamais été aussi remplies (notamment de Noirs), l’élection de Barack Obama pre n d r a i t va l e u r rédemptrice. Elle serait vécue, audedans comme au-dehors, comme un retour de l’espérance.

Ce n’est pas tout. L’Amérique n’apparaîtrait plus comme la superpuissance qui morigène et «donne des leçons» à la Terre entière, au besoin à coups de bombes, mais celle qui donne l’exemple sur la question raciale. Un avocat de couleur à la Maison- Blanche préfigurerait, en quelque sorte, l’arrivée future d’un politicien beur à l’Élysée, d’un Germano-Turc à la chancellerie allemande ou d’un Pakistano-Britannique au 10 Downing Street, résidence du Premier ministre anglais. Comme à plusieurs reprises dans son histoire, l’Amérique incarnerait une « nouvelle frontière », une marche en avant.

Une métamorphose qui interviendrait à un moment particulièrement opportun. Ces dernières années, l’impopularité de l’Amérique à travers le monde a atteint un seuil rarement égalé depuis la guerre du Vietnam dans les années 1960 et 1970. Ladite hostilité ne se réduit pas à ce fameux «antiaméricanisme» que dénoncent frénétiquement les néoconservateurs d’Europe ou d’ailleurs. Une enquête américaine de l’institut Pew Global Attitudes Project – menée en juillet 2007 dans 47 pays sur plusieurs continents – montrait que l’impopularité de l’Amérique ne cessait d’augmenter. On notait que même les États du Moyen- Orient qui avaient toujours été des alliés de l’Amérique la voyaient à présent de façon négative. On peut parier qu’en termes d’image, de perception globale, l’arrivée de Barack Obama à la présidence aurait donc un effet cataclysmique. Au bon sens du terme.

Mais il existe un troisième niveau d’interprétation, qui renforce souterrainement la faveur spontanée qu’accordent les Européens au candidat démocrate. Obama, on l’a dit, n’est pas «noir» à proprement parler. On veut dire par là qu’il n’est pas lui-même descendant d’esclave, membre à part entière de la communauté noire des États-Unis. Il est, par son père, d’origine africaine. C’est, au sens continental et racial, un «métis». Cette identité donne à son ascension une signification spécifique. Si, demain, un métis devenait l’homme le plus puissant du monde, alors le symbole viserait la modernité elle-même.


Après quatre siècles durant lesquels cette modernité s’est confondue avec l’hégémonie de l’Occident blanc, nous entrons dans une ère historique radicalement différente. Le monde «nouveau» qui naît sous nos yeux est sans doute porteur de menaces mais plus encore de promesses. Il correspond à l’émergence d’une modernité «autre». Une modernité qui ne coïncide plus avec l’Occident comme ce fut le cas depuis la fin du XVIe siècle. Une longue séquence historique s’achève et la stricte hégémonie occidentale prend fin. Nous sommes en marche vers une modernité métisse. Au sens le plus prometteur du terme.

Deux malentendus nous empêchent de prendre la mesure de l’événement.
On annonce un «choc» des civilisations, alors même que c’est d’une rencontre progressive qu’il s’agit. On s’inquiète d’une aggravation des différences entre les peuples, quand les influences réciproques n’ont jamais été aussi fortes. Le discours dominant est trompeur. En réalité, au-delà des apparences, les grandes «civilisations» sont en marche les unes vers les autres. Pourrait-il y avoir plus éclatante illustration de ce prodigieux rendez-vous historique que l’installation d’un séduisant Afro-Américain à la Maison- Blanche ?      



Le chouchou des français
À la question «En qui, de McCain et d’Obama, avez-vous le plus confiance pour agir le mieux dans l’intérêt du monde ?», ce sont les Français qui se montrent à 84 % les plus enthousiastes pour Obama. Devant les Allemands (82 %), les Anglais (74 %) et les Espagnols (72 %). Selon le même sondage, publié à la mi-juin, par l’institut de recherche Pew Research Center, basé aux États-Unis, ce sont encore les Français qui se montrent les plus optimistes (à 77 %) sur l’évolution de la situation internationale en lien avec une possible élection d’Obama à la présidence américaine. Mais l’«obamania» se retrouve également dans d’autres parties du monde : Australie, Japon, Brésil, Tanzanie et... Kenya.   

Un démocrate qui se recentre ?
Après avoir mené une campagne des primaires à la fois très engagée et sans concessions face à Hillary Clinton – on se souvient notamment de son magnifique discours sur la question raciale le 8 mars à Philadelphie –, Barack Obama est-il en train de se recentrer ? Notamment pour conquérir les électeurs républicains modérés, déçus par George Bush mais effrayés par sa réputation de « sénateur radical». À l’origine de ce questionnement, plusieurs revirements du candidat démocrate sur la peine de mort (il a critiqué la récente décision de la Cour suprême l’interdisant pour les viols d’enfants), la possession d’armes à feu (il n’a rien dit sur une autre décision de la Cour suprême réaffirmant ce droit constitutionnel), les écoutes téléphoniques dans le cadre de la lutte contre le terrorisme (après avoir voté contre, il se dit désormais pour) et surtout l’Irak. Alors que, contrairement à Hillary Clinton, Barack Obama avait voté contre l’engagement américain en Irak et qu’il avait axé sa campagne sur une promesse de retrait des « troupes de combat», il affirme désormais qu’il peut « affiner sa position» après avoir obtenu « plus d’informations» de la part des militaires. La gauche démocrate s’en inquiète alors que, pour la première fois, des éditorialistes américains critiquent son côté « girouette». Ainsi, le New York Times s’interroge : «Y aurait-il un “docteur Obama”, aux principes élevés, et un “fast Eddie Obama”, aux tactiques rouées ?»   

Un parcours éclair

4 août 1961 Naissance à Honolulu (Hawaï).
1961 à1971 Il vit en Indonésie.
1983 Diplômé de sciences politiques et de relations internationales à l’université Columbia de New York.
1985 Travailleur social à Chicago.
1990 Diplômé de droit à Harvard (Boston).
1992 Mariage avec Michelle Robinson, juriste de profession. Ils auront deux filles.
1996 Élu au Sénat de l’Illinois.
2004 Élu au Sénat des États-Unis.
Février 2007 Déclare sa candidature à l’élection présidentielle de 2008.
Juin 2007 Remporte les primaires démocrates face à Hillary Clinton.
18 juillet 2008 Début de sa tournée européenne (Londres, Berlin et Paris le 25).
4 novembre 2008 Élection présidentielle qui l’opposera au républicain John McCain.

Posté par VINCENT PORTIER à 21:38 - PORTRAIT - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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